ZIVA POSTEC: La monteuse derrière le film Shoah

92 min., Documentaire, Québec, Canada, 2018
RéalisationHébert, Catherine
ProductionChristine Falco - Les Films Camera Oscura
LangageVersion originale français, anglais, allemand, hébreu, tchèque, polonais AVEC sous-titres français
Description courte

Elle a consacré près de six ans de sa vie au montage de Shoah, le film-fleuve passé à l’histoire du réalisateur Claude Lanzmann. Son nom : Ziva Postec. Cette dentellière de l’ombre a fait don d’elle-même au cinéma jusqu’à l’obsession. Depuis Jaffa, en Israël, elle déroule aujourd’hui ses souvenirs intimes liés à une entreprise de création hors du commun.

Détails du film

Synopsis

Associée à une œuvre cinématographique qui a profondément bouleversé notre rapport à l’Histoire, Ziva Postec est une artiste méconnue qui a voué près de six ans de sa vie au montage de Shoah. Ce film-fleuve de Claude Lanzmann devait transformer à jamais notre compréhension de l’histoire de l’extermination des Juifs d’Europe pendant la Seconde guerre mondiale. En plongeant dans ses souvenirs personnels, cette dentellière de l’ombre, « survivante » à sa façon, se livre pour la première fois à la faveur d’un récit où des images inédites du tournage refont surface. Partie prenante jusqu’à l’obsession d’une entreprise de création hors du commun, Ziva Postec se révèle à la caméra une véritable héroïne du quotidien. Sa force d’engagement et sa luminosité contrastent avec les jours les plus sombres de l’humanité.

 

Équipe

Scénario et réalisation : Catherine Hébert

Image : Elric Robichon, Nathalie Moliavko-Visotzky et Vuk Stojanovic

Montage : Annie Jean

Prise de son : Mélanie Gauthier

Conception sonore : Mélanie Gauthier

Mixage son : JeanPaul Vialard

Musique : Ramachandra Borcar

Producteur délégué : Vuk Stojanovic

Production : Christine Falco – Les Films Camera Oscura

 

Partenaires financiers

SODEC Québec

Québec crédit d’impôt cinéma et télévision (gestion SODEC)

Fonds documentaire ROGERS

Téléfilm CANADA

Conseil des arts et des lettres du Québec

Conseil des arts du Canada

Office national du film du Canada (ACIC)

TV5

Les Films du 3 mars

 

 

 

Mot de la réalisatrice

Printemps 2012. Attablée dans un café montréalais, je rencontre un doctorant pour discuter cinéma, mais surtout montage en documentaire. Il termine sa thèse, qui porte sur le film-fleuve Shoah de Claude Lanzmann. Une œuvre, m’explique-t-il, qui a changé notre compréhension de l’Histoire et fait entrer le mot « shoah » dans la langue courante. J’apprends que le montage du film a été fait par une femme, à Saint-Cloud, en région parisienne, et qu’il a nécessité près de six ans de travail. Cette femme, c’est Ziva Postec, un nom demeuré dans l’ombre malgré la notoriété considérable du film. J’ai tout de suite voulu la rencontrer.

 

Ziva et moi avons discuté pendant des heures dans son appartement du vieux Jaffa. Celle qui a collaboré avec Jacques Tati, Orson Welles et Alain Resnais voit sa trajectoire prendre un virage lorsqu’elle rencontre le réalisateur C. Lanzmann. Elle est alors happée par une expérience de montage à la fois exaltante et cauchemardesque de laquelle naîtra une œuvre monumentale. En même temps, elle se perd dans cette rencontre obsédante avec sa propre histoire, en brisant sur sa table de montage le silence gardé par ses parents. Elle plonge dans ses souvenirs et questionne l’obsession que peut faire naître l’engagement dans une œuvre. Jusqu’où peut-on aller dans le don de soi à une œuvre qui n’est pas la nôtre?

 

J’ai voulu que le film entremêle finement les trames de la vie de Ziva et nous emporte dans les dédales de sa mémoire. Il s’agissait non seulement de retracer le destin hors du commun de cette femme, mais aussi de mettre en lumière le métier de monteuse, et de questionner le sens que revêt l’édification d’une œuvre phare une fois les projecteurs éteints.

Réalisatrice

Hébert, Catherine

Catherine Hébert est une cinéaste de documentaires politiques et sociaux. Elle a beaucoup tourné en Afrique subsaharienne, s’intéressant aux conséquences de la guerre, à la violence faite aux femmes, mais aussi aux quêtes plus intimes qui tissent le quotidien. Ses films, notamment De l’autre côté du pays (2008) et Carnets d’un grand détour (2012) ont récolté des critiques élogieuses, et ont été sélectionnés dans nombre de festivals où ils ont été primés.

 

Filmographie

 

  • Hier À Nyassan, 27 min, 2016
    Carnets d’un grand détour, 94 min, 2012;
    De l’autre côté du pays, 84 min, 2008;
    Voici l’Homme, 89 min, 2005;
    La longue route de Julienne, 23 min, 2008;
    Le microcrédit en question, 23 min, 2008;
    Le visage que j’avais, 26 min, 2006;
    Des mangues pour Charlotte, 23 min, 2004;
    Thé à l’ambassade, 47 min, 2003

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