LA RIVIÈRE CACHÉE

75 min, documentaire, Québec, Canada, 2017
RéalisationJean-François Lesage
ProductionLes Films de l'Autre
Langagefrançais et mandarin avec sous-titres français
Description courte

Au cœur d’une forêt profonde, coule une rivière. Sur ses berges, des hommes et des femmes se confient.


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distribution@f3m.ca

Critiques de presse

Ce film méditatif, d’une beauté subtile, résiste à la description : sa force sereine tient à la justesse du regard du cinéaste, à sa complicité bien sûr avec ceux et celles qu’il a rencontrés, parfois attirés, par les profondeurs de cette forêt qui nous semble impénétrable. Robert Daudelin, Revue 24 images On émerge de La rivière cachée avec le sentiment d’avoir atteint d’étranges profondeurs, de s’être approché un peu plus près d’une certaine vérité de l’existence. Celle de la présence au monde, aux autres, à la nature. La possibilité de penser le vivre-ensemble autrement que par la domination de l’égo et la toute-puissance du Je. Et surtout, le rappel de la présence immense, inouïe, grandiose de la nature, qui nous rappelle l’arbitraire de nos destins et le miracle de nos existences, même dans le drame, la souffrance ou le doute.  Naomie Décarie-Daigneault, Panorama-Cinéma

Détails du film

Synopsis

Au cœur d’une forêt profonde, coule une rivière. Sur ses berges, des hommes et des femmes se confient. Dans ce lieu reculé, propice à la réflexion, ils se questionnent sur ce qu’il faut pour atteindre la paix intérieure, supposent l’importance de transmettre quelque chose aux générations futures, réalisent que la fusion amoureuse est un idéal impossible. Alors que le soleil décline derrière les montagnes, les baigneurs s’avouent amèrement le cul-de-sac de certains rêves, mais trouvent encore du sens dans la contemplation de la nature, des étoiles et de la lune.

 

Équipe

Scénario, réalisation et photo : Jean-François Lesage

Montage : Mathieu Bouchard-Malo et Ariane Pétel-Despots

Conception sonore : Marie-Pierre Grenier

Mixage sonore : Bruno Bélanger

Musique : Henryk Gorecki

Prise de son : Marie-Andrée Cormier

Production : Les Films de l’Autre

 

Partenaires financiers

SODEC

Conseil des arts et des lettres du Québec

PRIM

Mot du réalisateur

Le tournage

Le tournage a été une expérience unique. J’ai passé 40 jours dans une forêt, sur le bord d’une rivière sauvage avec ma preneuse de son Marie-Andrée Cormier, une Gaspésienne de New Richmond, à filmer des conversations dans des éclairages crépusculaires. Le lieu, envoûtant, invite au recueillement et à la confidence, mais il est difficile d’accès avec de l’équipement cinématographique. Une marche périlleuse sur un sentier boueux et escarpé était nécessaire pour se rendre à notre lieu de tournage.

J’ai trouvé certains protagonistes sur place, mais, vu le caractère isolé et secret du lieu, j’ai aussi dû en convier d’autres à venir nous rencontrer sur le bord de la rivière. Ils étaient de la région ou simplement des touristes de passage. Nous avons pu filmer une quarantaine de rencontres pendant l’été. Une centaine de personnes ont participé au tournage. Nos sujets avaient entre 5 et 100 ans.

 

La méthode

 Il y plusieurs années, je suis tombé sur cette citation de l’écrivain Christian Bobin, qui m’a beaucoup inspiré pour le tournage de ce film : « Je voudrais parfois entrer dans une maison au hasard, m’asseoir dans la cuisine et demander aux habitants de quoi ils ont peur, ce qu’ils espèrent et s’ils comprennent quelque chose à notre présence commune sur terre. On m’a assez bien dressé pour que je retienne cet élan qui pourtant me semble le plus naturel du monde. »*

Plutôt qu’une cuisine, j’ai choisi une rivière et l’approche s’apparente à ce qui est proposé par l’écrivain. Tout le monde peut être intéressant si on prend le temps d’écouter, de s’attarder. J’ai la conviction que c’est une question de regard, de façon d’aborder les personnes. J’aime imaginer le cinéma comme un prétexte pour aller à la rencontre des gens, pour frapper à toutes les portes. J’accepte que je puisse être transformé par chacune de ces rencontres et je souhaite que mon film puisse à son tour transformer les perceptions.

Pour créer, j’aime être stimulé par les rencontres de gens que je ne connais pas avant le film. Ces rencontres me donnent accès à des univers méconnus ou inconnus, à des vies qui se développent en parallèle de la mienne. Je veux approcher mes personnages avec autant d’ouverture que je le ferais pour des amis. J’imagine un regard généreux de la caméra qui révélera la beauté des sujets plutôt que d’en montrer les travers.

 

Un documentaire de création

Ce terme même de « documentaire de création » n’est pas choisi innocemment : il est emblématique de ma démarche. « Documentaire » tout court évoque seulement la rugosité du réel. Mais quand on ajoute le mot « création », c’est différent. L’imagination peut injecter quelque chose dans le matériel qui vient du réel. On peut injecter de la couleur, de la musique, de la poésie. On injecte de la vie dans la vie. Cette liberté par rapport à mon matériau me donne la possibilité de créer un univers dense et évocateur, aussi unifié et cohérent que celui d’une fiction.

* (BOBIN, Christian, Ressusciter, Éditions Gallimard, Collection folio 2001, 174 pages)

Réalisateur

Jean-François Lesage

Après des études de droit, Jean-François Lesage fait ses débuts comme journaliste pour la télévision de Radio-Canada en Alberta et en Colombie-Britannique. En 1998, bouleversé par un gros plan de Gong Li dans le film Sorgho rouge, il s’envole pour Pékin. Il y vivra six ans au contact de cinéastes chinois indépendants tels Wang Bing, Zhao Liang et Yang Lina. Inspiré par leur énergie et leur courage, il réalise son premier documentaire de création, Une nuit en Chine (2004), puis avec son frère Philippe Lesage, Comment savoir si les petits poissons sont heureux ? (2009),  chronique de l’été d’une bande de jeunes de Pékin. De retour à Montréal, il réalise Conte du Mile End (2013), film de clôture de Visions du Réel, puis Un amour d’été (2015), Grand prix de la compétition nationale longs métrages des RIDM. La rivière cachée (2017) est son quatrième long métrage. Le film a remporté Le prix spécial du jury de la compétition nationale longs métrages des RIDM et a fait partie de la Compétition Burning Lights à Visions du Réel cette année. Le cinéaste prépare un nouveau long métrage documentaire qui sera cette fois une sorte de conte d’hiver : Prière pour une mitaine perdue.

 

Filmographie

 

La rivière cachée  (2017 / 75min)

Un amour d’été (2015 / 63 min)
Conte du Mile End (2013 / 68 min)
Comment savoir si les petits poissons sont heureux? (2009 / 100 min)
Une nuit en Chine (2004 / 52 min)

 

Archive des projections

Cinémathèque québécoise
De vendredi 25 mai, 2018 À vendredi 01 juin, 2018 Montréal
Cinéma Paraloeil
mardi 29 mai, 2018 Rimouski
Cinéma Cartier
De vendredi 01 juin, 2018 À vendredi 08 juin, 2018 Québec
La maison du cinéma
De vendredi 01 juin, 2018 À dimanche 03 juin, 2018 Sherbrooke
Cinémathèque québécoise
samedi 02 juin, 2018 Montréal

Prix et mentions

RIDM 2017
Prix spécial du Jury de la compétition nationale longs métrages Montréal